Quand je conduis
En Saskatchewan
Je passe dans les villages
Et je vois :
Un Ascenseur à grains (ces icônes que sont les silos des prairies)
Un Aréna (pour jouer au hockey)
Un Restaurant familial
Une Station d’essence
Un Magasin général
...
Quand je conduis
En Saskatchewan
Je passe dans les villages
Et je vois :
Un Ascenseur à grains (ces icônes que sont les silos des prairies)
Un Aréna (pour jouer au hockey)
Un Restaurant familial
Une Station d’essence
Un Magasin général
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Un bon exemple de daltonisme : Mathieu Gaudet raconté aux enfants.
Doug Bailey, au milieu de la prairie : « C’est vraiment plus beau ici quand les champs sont verts. »
Mathieu : « Mais ils sont verts. D’accord, ils ne sont pas très frais, mais ils sont verts. »
Jean-Sébastien, le regard incrédule : « Où vois-tu du vert? »
M. : « Ils sont quelle couleur alors? »
J.S. : « Ils sont jaunes et bruns! Comme du sable. »
M. : « ... »
Mari de Lynne Gilmore Bailey, la directrice artistique et seule employée de l’organisation Prairies Debut, qui a organisé notre tournée, Doug Bailey est avec nous depuis vendredi matin. Comme l’horaire est chargé, il nous accompagne et nous conduit dans les petits villages à deux heures de route de nos hôtels.
*En passant, Lynne est la soeur de la mère de John Montgomery, le maintenant célèbre Skeletonneur médaillé d’or à Vancouver. La voiture dans laquelle nous passons des heures arbore d’ailleurs fièrement l’emblème « Mission Montgomery » sur la lunette arrière. *
Doug est un gars fantastique et le voyage est définitivement amélioré par sa compagnie. De bonne humeur, il nous explique les rouages ce pays dans le pays, nous parle des gens, de leur vie. Et, très intéressant, il nous parle de l’agriculture.
Doug, donc, a hérité d’un peu de terre au Manitoba il y a plusieurs années et a décidé de devenir fermier. Pendant 35 ans il a fait pousser, entre autres, des pommes de terre. Beaucoup de pommes de terre. Son client principal est McCain, qui revend ensuite aux chaînes alimentaires, dont, en grande partie, « Rotten Ronnie », le nom affectueux donné par Doug au restaurant responsable en grande partie de son succès personnel : McDonald’s.
Naomi Klein, avec son essentiel No Logo, avait déjà alerté toute une génération du trop grand pouvoir qu’ont sur nos vies les méga-entreprises, mais il est bon de se rafraîchir la mémoire une fois de temps en temps. Ainsi, le prix obtenu par les producteurs est directement dépendant de la santé financière de Rotten Ronnie. Pour assurer un volume suffisant, Doug, comme tous les producteurs ou presque, vaporisait trois agents sur ses cultures : un anti-fongique, un fertilisant et un anti-parasitaire. Selon lui, sans ces technologies, on ne pourrait pas nourrir toute la population terrestre.
...
Je vous laisse formuler intérieurement votre propre commentaire.
Doug précise que les cultivateurs biologiques ne seraient pas d’accord avec ses affirmations. Il reste que c’est comme ça que ça marche présentement, qu’on se le dise. Il n’en tient qu’à nous d’imaginer et de créer une autre façon de fonctionner...
...
Et maintenant, une question pour voir si vous suiviez. Quel est le lien de parenté entre Lynne Bailey de Prairie début et de John Montgomery, champion de Skeleton?
Question bonus: Quel état américain a Montgomery comme capitale?
Réponse:
Elle est sa tante.
Alabama
Un des plus vieux au pays - plus de cent ans - le Regina Musical Club représentait notre « meilleur » récital : un théâtre de 400 sièges avec une acoustique surprenante, un Steinway 9 pieds, un technicien, le tout dans un campus universitaire. Malheureusement, il y a avait un concert de l’orchestre de Regina en même temps et le public était plutôt mince, mais très attentif et très appréciatif. Je ne pense pas qu’il y avait de journaliste, et c’est dommage car je pense bien que nous avons atteint notre summum hier.
Après le récital, nous avons été invités à boire un scotch chez un couple fantastique. Elle, hollandaise, et lui, polonais, ils ont immigré il y a 55 ans et participent depuis activement à bâtir le centre du pays. Généreux, passionnés, travaillant, ils sont arrivés avec rien dans les poches mais une attitude à toute épreuve, comme tant d’autres comme eux. Aujourd’hui leurs petits-enfants sont avocats ou hommes d’affaire et n’ont plus l’accent polonais ou hollandais, et peut-être à part leurs patronymes, on ne peut les différencier des descendants anglo-saxons. On oublie donc trop facilement le travail de ceux qui sont venus pour développer la société canadienne.
Sur la route pour Estevan, Saskatchewan. Déjà le dernier concert, nous revenons à Montréal demain (lundi). Les dernières journées ont défilé en rafale, et j’aurais eu beaucoup à écrire mais j’ai eu peu de temps. Je profite donc de ce dernier voyage dans le « land of big sky » pour transformer en format binaires quelques impressions, anecdotes et idées en vrac.